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Historique du Violoncelle

 

 

  Le violoncelle: famille des cordes frottées 

 

Le violoncelle est le fils de la viole de gambe ou basse de viole, comme le violon est celui de la viola di braccia ou dessus de viole. Ces instruments ont longtemps travaillé ensemble, mais les compositeurs développèrent plus vite le violon en France et dans les pays latins, alors que le violoncelle continuait à "vibrer" en Angleterre, les musiciens allemands les honoraient avec impartialité.

Les termes de viole de gambe et de violoncelle sont utilisés dès la fin du XVIème siècle. Puis, plus tard, ils s'individualisent rapidement. Par exemple, dans la tradition française, il est d'usage d'écrire surtout pour la viole de gambe. Les compositeurs Marin Marais (1656-1758), Sainte Colombe, ou Forqueray (1672-1745) composent une multitude de pièces pour cet instrument, pièces qu'on peut par bonheur transcrire pour la littérature du violoncelle, alors que les compositeurs d'Allemagne du nord n'ont pas su départager ces deux instruments. Telemann (1681-1767), Haendel (1685-1759) ainsi que Jean-Sébastien Bach (1685-1750) né en 1685 ont composé autant pour l'un que pour l'autre instrument.

 

  Un peu de Lutherie

 

Les premiers violoncelles sont fabriqués par Andrea Amati vers 1560. C'est Antonio Stradivarius, le plus célèbre luthier de Crémone en Italie et élève d'Amati, qui établit vers la fin du XVIIème siècle les dimensions actuelles du violoncelle. Depuis ce temps, il n'a guère évolué (en dehors des cordes en métal, quelques accessoires et surtout de la barre d'harmonie sous la table). Stradivarius vécut très longtemps et ses premières oeuvres datent de 1666. Il meurt en 1737. D'apparence, le violoncelle ne se distingue guère de la basse de viole, mais en observant de plus près, on peut constater que celle-ci utilise quelques cordes supplémentaires (ce qui annule certaines difficultés par rapport au violoncelle).

Le manche est de la même longueur que celui du violoncelle, alors que ses "ouies" sur la table sont dessinées différemment. Par contre, ces deux instruments étaient joués sans la pique actuelle et ils devaient donc être calés entre le genou gauche et le mollet droit du musicien, d'où le nom de viole de gambe (gamba=jambe en italien).
La pique apparaît bien plus tard au milieu du XIXème siècle pour soutenir le violoncelle. Puis elle a comme rôle au XXème siècle d'orienter le violoncelle vers l'oblique en le rapprochant de la position du violon qui lui est à plat. C'est le violoncelliste Paul Tortelier au XXème siècle qui adopte une pique "barbare" comportant un angle presque droit. Il était le seul à jouer convenablement de cette manière

 

  Le violoncelle et son histoire, ses origines

 

 

Le Rababa:


Originaire d'Égypte, son corps est constitué d'une noix de coco et d'une peau de serpent tendue, les cordes sont du crin de cheval relié ensemble. Il faut noter que l'archet est courbé comme un arc. A l'heure actuelle, on joue encore de cet instrument en Afrique et le corps (la noix de coco) est calé entre les genoux.

 

  Ses origines à partir du Moyen Age:
 

 

Au Moyen Age l'instrument le plus proche du violoncelle
s'appelle le Rebec

.

Comme on peut le constater, il est plutôt petit avec un manche assez court et le musicien jouait sur six cordes. Il accompagnait dans les villages les troubadours, jongleurs et autres faiseurs d'histoires dans des cortèges à l'occasion des festivités.
Il existe plusieurs sortes de Rebec, sa construction étant variable.

Après le Moyen Age, on trouve les origines du violoncelle vers le XVIème. Il fait alors partie de ces "groupes" de petits et grands violons dont on retrouve les traces dans certaines archives datant de 1532.

Ces "groupes" de violons forment alors une famille de 4 instruments:

  • le dessus

  • la taille

  • le ténor

  • la basse

Le dessus correspond à notre violon moderne, la taille ressemble à notre alto actuel, par contre le ténor et la basse n'ont pas d'équivalent précis car le violoncelle de notre époque appartient à la fois au ténor et à la basse.
Groupés en "bandes" au service des cours princières, les "petits et grands violons" ont une sonorité brillante qui se marie très bien avec les instruments à vent pour les festivités en extérieur notamment dans des airs de danse et chansons à boire.

C'est, en Italie au XVIIème siècle qu'on trouve les premières traces du mot violoncelle comme pour beaucoup d'autres instruments de musique. Ce nouvel instrument est alors utilisé comme instrument "accompagnateur" du violon (le plus souvent), qui a besoin d'être soutenu dans ses difficultés techniques. Avec le clavecin, il complète parfaitement la "basse continue" et fonde ainsi les bases de l'harmonie d'une oeuvre musicale. C'est ainsi qu'une sonate à 2 fait appel en fait à 3 instruments en regroupant soit un violon soliste et sa "basse continue", soit ce même violon, le clavecin et son double: le violoncelle.

 

  La grande rivale du violoncelle : la viole de gambe

 

 

C'est aux XVIème et XVIIème siècles que les violes atteignent leur apogée. Elles sont de deux types: les violes de bras, qui se posent contre la clavicule du musicien et les violes de gambe qui se positionnent verticalement sur les genoux ou plus rarement sur un tabouret, les plus grandes étant maintenues par le genou gauche et le mollet droit du musicien.
Cette tenue permet une grande mobilité et une très grande souplesse de l'instrument laissant une plus grande liberté au musicien.


Les violes sont généralement accordées avec 5 ou 6 cordes plutôt fines et peu tendues. Leurs sonorités raffinées, peu sonores mais très élégantes en font des instruments très recherchés dans les cours princières de l'époque. Par opposition, les musiciens préfèreront plus tard le violon, dont la sonorité est plus large et qui sera davantage destiné à la musique moins élitiste (tout du moins à ses débuts).

Au XVIIIème siècle, en France resplendit une très brillante École de viole reconnue dans toute l'Europe distinguée. Les compositeurs et instrumentistes Marin Marais, Caix d'Hervelois, Sainte Colombe, Antoine et Jean-Baptiste Forqueray ont composé de nombreuses oeuvres pour les violes. L'Allemagne, avec par exemple le compositeur Telemann, composa quelques pièces parfois jouées (des suites et des sonates).
Les compositeurs italiens, qui étaient tous des violonistes de formation, n'ont pratiquement rien composé pour la viole préférant l'instrument du "diable"...le violon.

A cette époque, la querelle entre les violistes et les violonistes est un des nombreux aspects de l'opposition entre les goûts français et italiens. Cette querelle a provoqué de nombreux pamphlets et critiques parfois des plus violentes (un peu plus tard, eu lieu également la "querelle des bouffons" au sujet de l'esthétique dans l'opéra entre les compositions françaises et le style des compositions italiennes). Le plus célèbre pamphlet est celui de l'abbé Hubert le Blanc, publié vers 1738 sous le titre de: "Défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle " dans lequel le violoncelle est considéré comme un misérable cancre représentant ni plus ni moins le diable.

En fait tout ceci n'aura bientôt plus aucun sens car la transformation du style musical à partir de 1730 ne laisse aucune chance aux violes. Les violons, grâce à l'Italie, sont bien plus chaleureux, s'imposent par leurs volumes sonores, leurs timbres et correspondent davantage au préromantisme naissant dans une Europe très influencée par la philosophie des Lumières.

 

 

  Son rôle et les premières compositions

 

 

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, le violoncelle et la viole de gambe sont surtout utilisés, en même temps que le clavecin, pour soutenir les ensembles instrumentaux. Ils jouaient ainsi ce qu'on appelle "le continuo " dans l'orchestre.
Ce n'est que dans la première moitié du XVIIIème siècle que Jean-Sébastien Bach composa la première
oeuvre majeure du répertoire du violoncelle avec ses célèbres "six suites" BWV 1007 à 1012 pour violoncelle seul (composition datée aux alentours de 1720 à la cour princière de Weimar). En Italie et en France, le violoncelle était déjà très sollicité.
A partir de 1750, date de la mort de Bach, son rôle de soliste se confirme de plus en plus avec des formes de musique telles que la sonate (duo en général avec un piano) ou le concerto (accompagné d'un orchestre). Antonio Vivaldi et Luigi Boccherini écrivirent les premiers grands concerti pour violoncelle mais curieusement Mozart n'a jamais rien composé pour cet instrument, par contre il l'a beaucoup utilisé dans ses oeuvres de musique de chambre.

Cependant, le violoncelle devient progressivement un pilier de la musique de chambre (trio, quatuor, quintette...) grâce aux compositeurs Haydn en Allemagne et Luigi Boccherini en Italie, tous deux "pères fondateurs" de la grande musique de chambre.
Il faut noter q'une correspondance s'est établie entre ces deux compositeurs mais malheureusement, il ne reste plus de traces de ces précieux écrits. Le rôle du violoncelle devient alors aussi important que les autres membres de la formation de chambre.
Dans l'orchestre symphonique classique du XVIIIème siècle (par exemple, dans les symphonies de Mozart ou Haydn),
il constitue, en général avec la contrebasse, la base de la "pyramide" musicale en déterminant l'harmonie.

Il faut attendre le XIXème siècle, pour écouter des thèmes magnifiques, chantés et exprimés par les violoncelles dans une oeuvre symphonique.

 

 

  Son répertoire

 

 

Le répertoire du violoncelle est d'une richesse digne de celle du violon. Les premières compositions pour le violoncelle apparaissent en Italie vers 1700: Domenico Gabrielli (ricercare pour violoncelle seul, sonates pour violoncelle et clavecin), Benedetto Marcello et Antonio Vivaldi. Ensuite, les français Bodin de Boismortier, et surtout Martin Berteau peuvent être considérés comme les fondateurs de la grande École française du violoncelle. Michel Corette est l'auteur de la première méthode pour le violoncelle, tandis que François Cupis, Jean-Baptiste Bréval et surtout les frères Duport méritent une mention particulière. En effet, l'un des deux frères Jean-Pierre Duport, mort en 1818 est employé à la chapelle du roi de Prusse pour laquelle il compose maintes sonates dont il paraît presque certain que Ludwig van Beethoven en eut connaissance et qu'elles ont influencé ses premières sonates pour violoncelle et piano (1796-1808).

En Allemagne, les célèbres Six suites pour violoncelle seul de Johann-Sebastian Bach, datant de 1720, restent une exception et demeurent encore de nos jours l'oeuvre majeure du répertoire. Les premiers concertos pour le violoncelle, ceux de Karl Philipp Emanuel Bach dit "le Bach de Berlin" (2ème fils de Johann-Sebastian et certainement le plus talentueux) et ceux de Joseph Haydn ne seront composés qu'a la fin du XVIIIème siècle.
Mozart Après Bach et dans les pays germaniques, Beethoven écrit cinq sonates et un triple concerto (pour piano, violon et violoncelle). La sonate "Arpeggione " de Franz Schubert , les Fantasiestücke et un concerto en la mineur exceptionnel de Robert Schumann, ainsi que les deux sonates de Brahms et celles trop rarement jouées de Mendelsshon. Les romantiques découvrent alors les possibilités expressives et chaleureuses du violoncelle, "l'instrument qui se rapproche le plus de la voix humaine" a dit un jour Pablo Casals. Le piano inventé en Italie vers 1792 par Cristofori est son conjoint privilégié et intime. Cette formation en duo a beaucoup de succès dans les "concerts de salon" organisés par la bourgeoisie, véritable mécène de l'Art au XIXème siècle, prenant ainsi le relais après la révolution française, des cours princières. En France, Frédéric Chopin compose une somptueuse sonate (avec un Largo très célèbre) dédiée à son ami Auguste Franchomme, lui même compositeur de pièces pour le violoncelle. Cependant quelques années plus tard, les compositeurs français semblent s'éloigner de la grande musique de chambre pour l'art lyrique qui devient de plus en plus à la mode (Berlioz, Bizet, Gounod par exemple).
Mais, sous l'influence de l'école Niedermeyer, la musique pour le violoncelle prend, à cette époque, un essor prestigieux avec deux concerti de Saint-Saëns et le concerto en ré mineur de Lalo. Un peu plus tard Gabriel Fauré explore d'autres qualités plus intimes sous d'autres formes tout comme les sonates d'Albéric Magnard, de Guillaume Lekeu ou de Guy Ropartz.

Plus tard, cet héritage musical se fait entendre dans les sonates de Gabriel Pierné, de Louis Vierne, de Maurice Ravel, ou encore de Claude Debussy. Les générations du XXème siècle ne sont pas en reste et le répertoire se développe d'une façon vertigineuse.
Les concerti d'Honegger, de Darius Milhaud, d'Henri Sauguet, ou d'Albert Roussel sont souvent proposés au public.
La Russie et l'Europe centrale ne sont pas absentes des programmes. Il faut noter les grandes variations sur un thème de Mozart de Tchaïkovsky, une symphonie concertante de Prokofiev, deux concerti grandiose de Chostakovitch.
Quant à l'Europe Centrale, il est important d'écouter une prodigieuse sonate pour violoncelle seul et "désaccordée" (si, fa dièse, ré, la au lieu de do, sol, ré la) de Kodaly dans le style tzigane, avec également un Capriccio jamais joué. Enfin, il est important de souligner les recherches de compositeurs tels que Dutilleux, Lutoslavski et bien d'autres encore, n'ont fait que poursuivre des recherches déjà longues.

 

 

  Détails techniques du violoncelle
 

 

A côté du violon et de l'alto aux techniques semblables, le violoncelle fait plutôt figure d'original.
Comme le violon, il peut tout exécuter, mais il connaît ses difficultés techniques propres avec, par exemple, une longueur de manche qui oblige l'exécutant à des déplacements (démanchés) parfois un peu scabreux et les cordes graves sont aussi souvent difficiles à faire vibrer.
Dans l'aigu, le violoncelliste utilise le pouce comme les autres doigts et peu perdre ses repères dans la main gauche. Ces doigtés "spéciaux" à l'époque sont inventés par le français Martin Berteau, ils permettent une plus grande vélocité mais nécessitent un apprentissage un peu particulier. Ils sont adoptés bien évidemment par tous les violoncellistes, le répertoire ne laissant pas le choix.
Dans l'orchestre, le violoncelle joue généralement le rôle de basse, souvent doublé à l'octave inférieure par les contrebasses.
Mais son étendue énorme, lui permet également d'être utilisé comme instrument soliste, son registre qui peut-être très aigu rejoint alors la tessiture des violons sur la première corde, celle de mi.

 

 

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