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Page d'histoire de la
musique |
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Le Moyen-âge musical s'étend
sur une période un peu plus
longue que le Moyen-âge
historique (dont la fin est
se situe généralement à la
fin de la guerre de cent ans
en 1453) et recouvre une
partie de la renaissance. Le
moyen âge musical peut se
diviser en quatre parties :
- la musique grégorienne -
l'école de Notre Dame -
l'ars nova - la musique de
la renaissance. |
LA
MUSIQUE
GRÉGORIENNE |
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Sous l'autorité du pape Grégoire le
Grand durant le Vème siècle,
s'établissent une pratique religieuse
unique mais aussi un style de musique.
Le latin est imposé à toute l'église
chrétienne. Les offices religieux sont
codifiés (prières, chants...). Le
chant liturgique ainsi unifié sera
appelé plus tard "chant grégorien". Il
s'imposera à pratiquement toute
l'Europe chrétienne. Le chant
grégorien est un chant pour voix
d'hommes à l'unisson. Il a pour but de
mettre en valeur les textes sacrés.
l'endroit où il était chanté dans
l'église s'appelle aujourd'hui le
"chœur".
Grégoire fait plus. C'est lui qui
nommera les notes de musique par les
premières lettres de l'alphabet : A,
B, C, D, E, F, G. Cette notation est
toujours utilisée par les
anglo-saxons. Ces notes correspondent
dans la gamme latine à respectivement
: la, si, do, ré, mi, fa, sol. Les
neumes (suite de barres et de points
représentant la mélodie) seront
inventés au IX ème siècle. Le trope
(une note par syllabe), sera inventé
un peu plus tard par le moine Notker.
Les papes qui succèdent à Grégoire le
Grand continue son action et un
ensemble liturgique est peu à peu
élaboré. Les rois francs et surtout
Charlemagne donnent une place très
importante à la musique.
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L'ÉCOLE
DE NOTRE
DAME |
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A partir du IXème siècle, les chants
collectifs comportent une mise en
scène un peu plus élaborée et se
détachent parfois du contexte
liturgique. Ces "drames" moyenâgeux
sont un peu les ancêtres de l'opéra.
La poésie suit la même évolution et
c'est le développement des troubadours
(poète de la langue d'oc) et des
trouvères (troubadour du Nord de la
France de la langue d'oïl). Paris
devient durant cette période un centre
culturel très important.
La construction de la cathédrale
commence en 1163. Des compositeurs se
rassemblent dans un groupe qui porte
le nom de la cathédrale. Alors que le
chant grégorien se chantait à
l'unisson, la polyphonie (plusieurs
voix mélodiques indépendantes les unes
des autres) se perfectionne sous leur
autorité. Une composition musicale
appelée le motet (chacune des voix
chante un texte différent) apparaît à
son tour. L'écriture musicale (voir
neumes et trope) se perfectionne elle
aussi. Enfin, on peut noter
l'apparition d'instruments de musique
dans la musique sacrée. Adam de la
Halle (1240-1285) est l'un des
plus grands musiciens de cette époque.
Il assurera la transition avec l'ars
nova.
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L'ARS
NOVA |
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Pendant une
période très difficile (guerre de cent
ans, épidémies de peste, schisme
religieux...) apparaît l'ars nova.
Philippe de Vitry (1291-1361) écrit un
livre qui devient célèbre et déclenche
un nouveau mouvement musical. Le terme
Ars Nova provient de ce traité (vers
1325). Les nouveautés concerne
essentiellement la notation et la
rythmique. Les notes sont pleines ou
évidées, rouges ou noires, ceci afin
d'améliorer la lecture de leur durée.
Apparaissent également la syncope
(rythme), et le
contrepoint
(différentes voix qui peuvent être
entendues simultanément).
Cette période sera l'âge d'or de la
polyphonie. La première oeuvre de
l'ars nova est le "Roman de Fauvel"
(1314).
Les grands musiciens le l'Ars Nova
sont du Nord (Flandres, Angleterre) :
Guillaume de Machaut
(v.1300-1377) né à Machaut en
Champagne, il fut le secrétaire du Roi
Jean de Bohême (1323-1340), avant de
servir le Roi de France, Charles V. Sa
Messe de Notre-Dame à quatre voix est
la première messe polyphonique connue
entièrement écrite par un seul
musicien. Gilles Binchois (vers
1400-1460), fils d'un notable de Mons
fut soldat puis prêtre, il s'installe
à Lille puis dans le Hainaut.
Certaines de ses oeuvres profanes
connurent une grande popularité. John
Dunstable appelé le père du
contrepoint, et surtout Guillaume
Du Fay dont les motets et les
messes sont encore célèbres.
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A l'aube
du XVIème siècle, cette
Renaissance est déjà bien
installée en Italie. Peintres,
sculpteurs et architectes
principalement ont élaboré,
construit, créé des oeuvres
particulièrement brillantes. Les
successeurs de Du Fay améliorent
l'expressivité et délaissent un
peu la théorie. Ils équilibrent
le contrepoint et
l'harmonie.
Les plus grands musiciens de
cette période sont : Johannes
Ockeghem (~1425-1495) et
Josquin Desprez (ou Des Prés)
(1440-1521), héritier des Du
Fay, Ockeghem et autres
précurseurs franco flamands,
dont la gloire sera immense de
son vivant. Ce sont les motets
qui lui permettront de donner la
pleine mesure de son
inspiration. L'art du chant et
l'harmonie se développeront
beaucoup durant cette période.
L'écriture devient plus claire
et plus précise, le texte
devient un élément important de
l'œuvre.
La chanson française reflète l'époque
de François 1er. Ce genre musical est
le fait de musiciens qui succèdent à
Josquin des Prés et qui sont
très inspirés par le grand poète
Ronsard. Les maîtres en seront
Sermisy mais surtout Clément
Janequin (1485-1558). Son oeuvre
comporte de nombreuses chansons
profanes qui lui valurent une grande
renommée.
Progressivement, cette chanson
populaire va évoluer vers une
forme plus élaborée qui
s'appellera "madrigal". Ce sont
encore les franco flamands qui
donneront les lettres de
noblesse à ce nouveau style et
dont le plus célèbre est sans
doute Roland de Lassus
(1532-1594) qui laissera une
oeuvre immense. Toute l'Europe
adoptera bientôt le madrigal.
Les Italiens le porteront à un
niveau remarquable grâce, en
autres, à l'un des plus grands
musiciens : Monteverdi.
Dans le domaine de la musique
religieuse, les papes joueront encore
un grand rôle en favorisant et en
contribuant au développement de
l'école romaine. Le compositeur
Palestrina (1526-1594) en est à
l'origine. Sa gloire sera universelle.
Il laisse une centaine de messes.
La réforme de l'église (église
luthérienne), en abandonnant la langue
latine, permettra le développement du
choral car celui-ci est écrit dans une
langue comprise par tous les fidèles.
La musique
instrumentale prendra son essor durant
cette période grâce à l'édition
musicale.
Des partitions sont écrites pour des
instruments. L'orchestration est
soignée. Sur les symphonies,
l'instrumentation devient propre à
chaque instrument ce qui n'avait
jamais été fait auparavant. Un
musicien se détache : John Dowland
(1563-1626).
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L'âge baroque est caractérisé par un siècle et demi de
musique qui commence avec les débuts de l'opéra et se termine avec
la symphonie classique. Après une longue période de polyphonie,
c'est l'adoption de la monodie (chant à une voix) soutenue par une
basse instrumentale (luth, clavecin...). Ce soutien prend le nom de
basse continue. L'âge baroque se répandra d'abord en Italie et en
Allemagne. La musique se professionnalise et les musiciens sont de
plus en plus engagés au service des nobles qui se montrent des
amateurs distingués. |
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En
France, les musiciens sont peu sensibles à ce nouveau genre
jusqu'en 1660. Après l'installation de la monarchie absolue,
c'est le règne du classicisme alors que règne ailleurs le style
baroque et galant. Quelques
musiciens se détachent : Lully (1632-1687) célèbre
compositeur sous Louis XIV, Marc Antoine Charpentier (1636-1704)
dont les compositions sont très en vogue à Versailles, François Couperin
(1668-1733) organiste et claveciniste, Delalande
(1657-1726) auteurs de divertissements pour la cour.
Le plus important est cependant Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
héritier de la tradition française.
En
Allemagne, la période baroque est dominée par un immense musicien
: Jean-Sébastien
Bach
(1685-1750). Cependant il serait injuste de négliger
les grands compositeurs qui l'ont précédé en Allemagne. Avec Heinrich
Schütz, l'Allemagne est devenue une grande nation musicale.
Chaque état possède une cour brillante et entretient plusieurs
musiciens. Une multitude de compositeurs animent la fin du XVIIème
et le début du XVIIIème siècle allemand parmi lesquels Pachelbel
auteur du célèbre "canon", Georg Philipp
Telemann
(1681-1767) l'un des musiciens les plus productifs de
toute l'histoire de la musique et plus célèbre que Bach à son époque
avant de tomber dans l'oubli.
En
Angleterre, Henry
Purcell
(1659-1695) est le garant d'un goût anglais qui reste
très traditionnel. Il reste l'un des musiciens anglais les plus
importants. Musicien complet, il composera des opéras encore fréquemment
joués et dont il s'avérera l'un des génies. Georg Friedrich
Haendel
(1685-1759) d'origine allemande, naturalisé anglais,
remplacera Purcell dans le cœur des britanniques. Il deviendra un
grand spécialiste des oratorios dans lesquels il donne une place
importante aux chœurs.
En Italie, l'opéra a envahi la péninsule. Le chanteur est la
vedette et prend une importance considérable. C'est
le règne également des castrats (chanteur dont la voix n'a pas mué)
car les femmes ne sont pas encore totalement acceptées dans la
musique. Plusieurs
grands noms de la musique apparaissent : Giovanni Battista
Pergolèse
(1710-1736) qui malgré une vie très courte a laissé
des oeuvres impérissables (Stabat Mater...), Alessandro Scarlatti
(1660-1725) auteur de 115 opéras recensés, Domenico Scarlatti
(1685-1757), son fils, est le fondateur de l'école du
clavecin. Antonio
Vivaldi
(1678-1741) fera exploser les limites du concerto et
est peut-être de nos jours le compositeur le plus écouté. Il sera
brillant dans tous les domaines de la musique (sacré, opéra,
musique instrumentale). Parmi ses contemporains, quelques noms méritent
d'être mentionnés : Tomaso Albinoni (1671-1751)
dont le célèbre adagio a été modifié au XXème siècle !,
Giuseppe Tartini (1692-1770),
Corelli
(1653 - 1713), Viotti,
Boccherini
(1743-1805) dont on redécouvre actuellement l'œuvre immense en qualité et quantité.
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Les formes musicales sont réglementées et classifiées. Chaque
musicien se soumet dans ses compositions à un cadre préétabli.
C'est sans doute la forme "sonate" qui caractérise le
mieux la période classique. Elle survivra d'ailleurs durant la période
romantique. Les compositeurs manifestent le désir d'écrire des
airs simples et harmonieux sans pour autant exclure l'héritage
contrapunctique.
Cette période coïncide aussi avec l'utilisation plus importante de
la tonalité dans la composition d'une oeuvre.
L'âge classique est contemporaine de la révolution française.
Celle-ci en sonnant le glas de la monarchie transforme les idées,
l'organisation sociale. Ces idées gagnent aussi les musiciens qui rêvent
d'indépendance. L'ère des virtuoses peut commencer. Également,
les chœurs n'ont jamais eu une telle ampleur. Les chants
patriotiques fleurissent parmi lesquels notre hymne national.
Paradoxalement, le musiciens français contemporains de la révolution
ne laissent pas d'œuvres marquantes. Peu de noms célèbres
apparaissent sinon Luigi
Cherubini
(1760-1842) d'origine italienne, Jean-François Lesueur
(1760-1837).
Par contre en Allemagne, quelle explosion de génies ! L'un des
précurseurs fut Christoph Willibald
Glück
(1714-1787) dont les opéras seront célèbres dans
toute l'Europe et particulièrement en France. L'école de Mannheim
foyer artistique composé de musiciens virtuoses, ébauchera
quelques symphonies. Joseph
Haydn
(1732-1809) la portera à un niveau inégalé à l'époque
et effectuera la synthèse entre l'ère baroque et l'ère classique.
Il fera évoluer toutes les formes de musique auxquelles il
touchera. Il donne au quatuor à cordes ses lettres de noblesse. Son
influence est considérable dans l'histoire de la musique. Wolfgang
Amadeus
Mozart
(1756-1791) jeune prodige qui se fera connaître dans
toute l'Europe, illumine la période classique et est sans doute le
plus grand génie musical de tous les temps. Il réussira dans tous
les genres et réalise la synthèse des influences française,
allemande et italienne. Il est suivi de Ludwig
van
Beethoven (1770-1827) qui connaîtra lui aussi une
vie matérielle difficile. Il est un grand classique autant qu'un précurseur
des temps nouveaux. Il va porter les genres auxquels il s'intéressera
à la perfection classique (quatuors, symphonies). Personne ne fera
mieux après lui. Sa musique s'adresse à l'humanité. Il réussira
moins dans la musique vocale. Franz
Schubert
(1797-1828) compose de la musique presque en
dilettante et sera méconnu toute sa vie. Il montre pourtant du génie
dans tout ce qu'il entreprend et est considéré comme le père du
lied (chanteur ou chanteuse accompagné d'un piano). Il en composera
près de 600. Il laisse également éclater tout son talent dans sa
musique
de chambre. Le dernier compositeur classique et le premier
romantique est Carl Maria
von
Weber (1786-1826) créateur de l'opéra
romantique allemand (Freïschutz). Il influencera Wagner, Liszt,
Berlioz...
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Les premières manifestations du romantisme apparaissent surtout
dans la littérature vers la fin du XVIIIème siècle. Son influence
dans la musique n'interviendra qu'au siècle suivant. En musique, le
compositeur romantique exprime ses états d'âme dans ses oeuvres
alors que durant la période classique, il s'agissait de
"musique pure". La littérature est la source
d'inspiration principale des romantiques. L'époque romantique est
présente en même temps en France et en Allemagne. Ces musiciens
font éclater les formes traditionnelles élaborées pendant la période
dite classique. L'orchestre s'étoffe et accueille des nouveaux
instruments (clarinette basse, contrebasson...).
Paris devient la capitale de l'opéra et les musiciens italiens,
spécialistes du genre, s'y bousculent. Outre Bellini,
Donizetti
il faut surtout parler de Gioacchino
Rossini
(1792-1868) qui connaîtra avec ses opéras une gloire
internationale dans toute l'Europe et principalement en France. Il arrêtera
de composer très tôt dans sa vie (environ en 1830) hormis
quelques oeuvres à caractère religieux. Le grand musicien français
de cette époque est Hector
Berlioz
(1803-1869). Reconnu à l'étranger, il ne connaîtra
qu'épisodiquement le succès en France. Il est le créateur de
l'orchestration moderne.
Cette période connaît de nombreux génies : Frédéric
Chopin
(1810-1849) d'origine franco-polonaise dont l'œuvre est surtout consacrée au piano. Félix
Mendelssohn
Bartholdi (1809-1847) ami de Goethe, musicien complet
et prototype du Chef d'orchestre moderne. Il fera connaître au
grand public l'œuvre de Bach. Robert
Schumann
(1810-1856) pianiste virtuose, et compositeur très
doué. Il incarne parfaitement le romantisme allemand.
Vers 1850, le romantisme en littérature a déjà cédé
la place au réalisme (Zola). Les compositeurs manifestent une plus
grande liberté dans les formes musicales. C'est aussi la période
des grandes symphonies et l'avènement des grands chefs d'orchestres
(von Bulöw...). Chaque concert est maintenant précédé de
minutieuses répétitions. Franz
Liszt
(1811-1886) d'origine hongroise est sans doute le plus
grand pianiste de son temps. Il retire de ses nombreux concerts une
gloire sans cesse grandissante et se révèle également un grand
compositeur. Il est l'un des précurseurs du nationalisme musical
dont un des représentants italiens est Giuseppe
Verdi
(1813-1901). Il est l'image même de l'artiste engagé.
La France connaît encore quelques grands compositeurs dont Georges
Bizet
(1838-1875) dont l'opéra Carmen reste le plus joué
dans le monde et Charles
Gounod
(1818-1893). Jacques
Offenbach
(1819-1880) donnera ses lettres de noblesse à l'opérette
mais cependant détrônée par l'opérette viennoise des
Strauss.
La fin du romantisme coïncide avec le règne musical de Johannes
Brahms
(1833-1897) qui connaîtra une vie pleine consacrée
à la musique. La musique de Brahms reste imperturbable dans une période
pleine de contradictions. Son oeuvre inspirée par le romantisme
repose néanmoins sur une structure classique. Il sera le modèle
des compositeurs allemands modernes.
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La musique devient, à partir du milieu du XIXème siècle, un
instrument privilégié des revendications nationales. Les musiciens
s'inspirent essentiellement du folklore et des mélodies populaires
nationales. Les écoles nationales éclosent en peu partout dans le
monde (Bohême, pays slaves, baltes...).
En Bohême, une école tchèque est fondée par Bedrich
Smetana
(1824-1884) auteur de la très célèbre "Moldau"
et dont la tradition sera perpétuée par Anton
Dvorak
(1841-1904) qui se révèlera au monde entier en
s'inspirant de l'âme slave.
La musique russe se réveille avec Mickhaïl
Glinka
(1804-1857) qui créée une musique puisant aux
sources slaves. Il sera un modèle pour tous les musiciens russes
des générations suivantes. Le plus célèbre reste néanmoins
Piotr Ilitch
Tchaïkovski
(1840-1893). Il est considéré comme le plus grand
symphoniste russe de sa génération. Toute ses oeuvres lyriques
s'inspireront de l'identité nationale. Le groupe des cinq désire
voir apparaître une musique spécifiquement nationale. Il est
composé de Mili Alexeïevitch
Balakirev
(1837-1910) le chef de file, César
Cui
(1835-1918), Modeste Petrovitch
Moussorgski
(1839-1881) qui possède un instinct génial mais peu
de technique compositionnelle et dont plusieurs oeuvres restent très
célèbres, Nicolaï
Rimski-Korsakov
(1844-1908) très inspiré par Berlioz sera un grand
orchestrateur et enfin Alexandre
Borodine
(1833-1887) chimiste de formation et auteur de très
belles compositions.
Le désastre de la guerre de
1870 réveillera des
instincts nationalistes en France qui verra l'éclosion de
remarquables symphonies. César
Franck
(1822-1890) musicien belge naturalisé français,
Ernest
Chausson
(1855-1899), Vincent d'Indy (1851-1931)
en seront les chefs de file. Parallèlement, il existe un courant
typiquement français qui essaie de renouer avec la tradition
nationale de
Berlioz
et des romantiques et des classiques. Ces musiciens sont incarnés
par Édouard
Lalo
(1823-1892), Gabriel
Fauré
(1845-1924) dont le requiem est très connu et surtout
Camille
Saint-Saëns
(1835-1921) dont la longévité en fera un témoin de
nombreux courants et l'un des plus grands compositeurs français.
Après la guerre de
1870, Richard
Wagner
(1813-1883)est le héros de l'Allemagne nationaliste. Maître
à penser d'une génération de musiciens, il impose ses opéras à
Bayreuth. Des orchestres imposants apparaissent dans toute
l'Allemagne. Il sera opposé toute sa vie au classicisme de Brahms.
Anton
Bruckner
(1824-1896) incompris du public durant sa vie, opposé
malgré lui à Brahms, est le spécialiste de la symphonie
solennelle et majestueuse. Son disciple le plus connu est Gustav
Mahler
(1860-1911) que l'on peut considérer comme le dernier
des compositeurs romantiques. Il sera également l'un des plus
grands chefs d'orchestre.
Enfin, en Italie, Giuseppe
Verdi
symbolise le génie national italien. Il apparaît comme la synthèse
des tendances de l'opéra italien. Giacomo
Puccini
(1858-1924) déroute le public par une orchestration
inédite mais très vite obtient des triomphes mérités. Il est un
des représentants du vérisme manifestation proche du réalisme
français en opposition avec les héros mythiques de Wagner.
Enfin entre les nationalistes et les impressionnistes peut-on
classer Richard
Strauss
(1864-1949). Il n'est pas novateur mais sa musique est
puissante et conserve une forte structure classique.
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Le romantisme ne correspond plus à la montée en puissance des
nationalismes qui ont conduit à cette folie meurtrière de la première
guerre mondiale. Les musiciens à partir des bases de la musique
classique travaille le tissu sonore et l'enrichissent d'harmonies
nouvelles. Ce sont les néo-classiques dont le chef de file sera
Claude
Debussy
(1862-1918). Sa musique fera scandale puis école.
C'est une musique d'ombre et de lumière. D'autres musiciens français
vont se distinguer au cours de cette période. Maurice
Ravel
(1875-1937) créera des oeuvres reconnues mondialement
telle que le boléro. Ravel est considéré comme un néo-classique
moderne. Paul Dukas (1865-1935). Il composera
peu mais avec un souci de qualité. Son apprenti sorcier le
rendra célèbre très jeune.
Prokofiev
(1891 - 1953) avec sa symphonie classique a également
montré la voie du néoclassicisme car nul ne pensait aller plus
loin dans le modernisme que le Sacre du printemps de
Stravinsky
(1882 - 1971).
Le néo-classicisme en dehors de la France existe. Plusieurs
musiciens notamment allemands s'y distinguent. Paul Hindemith
(1895-1963) qui fera un retour à Bach, Carl
Orff
(1895-1982) dont les Carmina Burana le rendent
célèbre pour l'éternité. En Italie, on trouve Ferrucio Busoni
(1866-1924) célèbre pour des transcriptions des
oeuvres de Bach et surtout Ottorino Respighi (1879-1936)
dont la trilogie de Rome a les faveurs du public. En Angleterre émerge
nettement Benjamin Britten (1913-1976) qui
renouvelle l'opéra et dont le War requiem est joué régulièrement.
Enfin en Russie, plusieurs compositeurs remarquables émergent. En
premier Dimitri
Chostakovitch
(1906-1975) très précoce qui signe à vingt ans une première
symphonie exceptionnelle. Il sera en perpétuelle opposition
avec le régime de l'époque. Deux autres génies Serguei
Prokofiev
(1891-1953) auteur d'une oeuvre importante et très
diversifiée. Serge
Rachmaninov
(1873-1943) pas toujours reconnu à sa vraie valeur.
Esprit tourmenté il sera l'auteur de quatre concertos pour piano
remarquables.
C'est à cette époque que le nouveau continent émerge dans le
monde de la musique dite classique avec George
Gershwin
(1898-1937) qui a débuté sa carrière en composant
pour Broadway. Sa musique est le symbole de l'esprit américain.
Charles Yves (1874-1954) fondateur de l'école
américaine, Aaron Copland né en 1900, Samuel Barber
(1910-1981) néo romantique après avoir essayé
l'écriture sérielle.
D'autres compositeurs se sont inspiré du racines populaires pour
écrire une musique moderne également très inspirée du modèle
français. C'est le cas de Leos
Janacek
(1854-1928), Béla
Bartok
(1881-1945) tous deux tchèques, Jean
Sibelius
(1865-1957) originaire de Finlande auteur de pièces
très jouées tel que le concerto pour violon.
L'école de Vienne avec Arnold Schoenberg (1874-1951)
abandonne l'écriture tonale traditionnelle en vigueur depuis
plusieurs siècles et créée le système dodécaphonique, méthode
de composition mise au point par le compositeur autrichien entre 1908
et 1923, alors qu'il recherchait un principe autour
duquel il pourrait organiser une musique atonale. Les douze notes de
la gamme chromatique sont disposées pour former une série de
notes. Elles sont utilisées une à une (l'une après l'autre ou
simultanément) et la première note est reprise à la fin de la série.
Cette série est utilisée sous différentes formes : renversée, rétrogradée...
Le système dodécaphonique est la première formulation du
concept de sérialisme, qui est sans doute l'innovation la plus
importante de toute la musique du XXe siècle. Le sérialisme, dont
l'un des principaux défenseurs est Webern(1883-1945),
consiste en une répétition et une variation des éléments
musicaux d'une série, comme la hauteur des sons, la couleur, le
rythme ou l'intensité.
L'un des derniers génies de la musique, Igor
Stravinsky
(1882-1971), s'en servira au cours de sa carrière,
alternant le néo-classicisme avec Appolon musagète et l'opéra
The Rake's progress qui pastiche des comédies de Mozart et
l'écriture sérielle.
La musique prendra ensuite des courants tellement divers qu'il
est difficile voire impossible de les classifier. Les compositeurs
aujourd'hui font appel à la musique aléatoire, acoustique, électro
acoustique... bref, est-ce encore de la musique ?
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