Informations techniques sur les guitares classiques

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Origines

 

On trouve des traces d'instruments similaires à la guitare en -3000 environ en Perse. Étymologiquement, le mot « guitare » est une combinaison de deux mots : Guit qui provient du sanskrit Sangeeta signifiant « musique », mais la seconde partie de ce mot tar est purement perse et signifie « accord » ou « corde ». Le sanskrit était initialement une langue officielle des Aryens, habitants de l'Iran et du Nord-Ouest de l'Inde. Le mot « guitare » n'est pas dérivé du mot sitar, qui désigne un instrument à trois cordes, mais est certainement passé par le mot grec kithara, et de façon certaine par l'arabe qîtâra, puis l'espagnol guitarra.

Les Maures amenèrent les premières guitares qui atteignirent l'Europe, en Espagne au Xe siècle. La forme moderne est apparue dans ce pays, après différentes évolutions des guitares latines et mauresques, sans doute en passant par la vihuela. Bien que voisine du luth, elle constitue une famille différente et leurs évolutions sont distinctes.

Pour Paco de Lucía, l'inventeur de la guitare telle qu'on la connaît s'appelle Zyryab. Né à Bagdad, il a vécu à la fin du VIIIe siècle à la cour de Cordoue. Il a ajouté une cinquième corde au luth arabe et a fondé une école de musique qui eut une influence considérable sur la musique arabo-andalouse.

C'est Antonio de Torrès, un luthier espagnol du XIXe siècle, qui donna à la guitare la forme et les dimensions de la guitare classique actuelle, à partir de laquelle de nombreuses déclinaisons ont été créées au XXe siècle (folk, jazz, électrique)

 

Caractéristiques générales

 

Caractéristique de courants musicaux apparus ces cent dernières années comme le rock, le blues, elle est aussi utilisée dans le jazz, les œuvres classiques, les musiques traditionnelles (musique latino-américaine, musique celtique, etc.). Avec le piano, c'est probablement l'instrument le plus utilisé au monde.

Par son encombrement et son poids réduits, sa richesse harmonique, son coût modique, son adaptation à de nombreux styles musicaux, elle est l'instrument favori d'accompagnement des chants. Comme elle permet de chanter en même temps qu'on en joue, elle est aussi prisée par les auteurs-compositeurs-interprètes contemporains à leurs débuts. Certains lui sont resté, ou lui restent toujours fidèles comme Georges Brassens, Jacques Brel, Félix Leclerc, Maxime Le Forestier, Graeme Allwright, Hugues Aufray.

La sonorité de certaines guitares évolue de manière notable dans le temps. Les plus sensibles à ces évolution sont les guitares acoustiques, composés de bois fins et massifs qui, dans le cas de l'épicéa par exemple, peuvent se développer pendant leurs premières années d'utilisation. Dans ce cas le son aura tendance à devenir plus flatteur et plus puissant. Ce n'est pas le cas des guitares économiques faites de bois contreplaqués. Les guitares acoustiques sont aussi sensibles aux changements d'hygrométrie et de température

 

Acoustiques
Ces guitares sont dites « acoustiques » car le son est amplifié naturellement par la caisse de résonance intégrée à l'instrument.

Guitare classique à six cordes

 

C'est le modèle le plus courant, comportant trois cordes aiguës généralement en nylon et trois basses en soie filées gainée de métal.

Les cordes en nylon existent depuis 1940, en remplacement des cordes en boyau. Les cordes en nylon sont bien moins sensibles aux changements d'hygrométrie et de température. De plus leur solidité permet des tensions importantes et donc un volume sonore plus élevé. Voir ci-dessous la tessiture de la guitare classique, autrement dit, l'étendue des notes pouvant être jouées, de la plus grave à la plus aiguë. La guitare classique a une étendue de trois octaves et une quinte. La surface du manche sur laquelle on pose les doigts de la main gauche sur les cordes, la touche, est plate. Les mécaniques à vis sans fin ayant remplacé les chevilles à partir du XIXe siècle sont intégrées à la tête comme sur un violon. Le manche est généralement divisé en douze cases, la touche – qui compte sept cases supplémentaires sur la table d'harmonie – comportant dix-neuf cases au total. Il est à noter que les partitions pour guitares classiques sont écrites une octave au dessus du son réel émis par la guitare. Par exemple le la de référence à 440 Hz se note sur la portée dans la deuxième interligne. Or, un la noté dans la deuxième interligne sur une partition de guitare sera au final joué comme un la à 220 Hz, et ce afin d'éviter les changements intempestifs de clef.

 

Les cordes
 
Généralement au nombre de six, elles vibrent et produisent les notes. Elles sont toujours montées, c'est-à-dire fixées à la tête et au chevalet, dans l'ordre croissant des notes qu'elles produisent « à vide » (sans appui des doigts sur la touche). Chaque corde a une section (petite surface au bout de la corde) de diamètre différent : plus le diamètre est faible, plus la corde est fine et plus le son est aigu. La plus fine corde est appelée « chanterelle. » Les cordes possèdent des caractéristiques de souplesse et de résonance différentes selon la matière utilisée (essentiellement nylon, bronze, nickel ou cuivre aujourd'hui, et boyaux de mouton avant l'invention du nylon). Le choix des cordes est fondamental pour la qualité du son et le plaisir du jeu. Les cordes en nylon produisent un son plus chaud que les cordes en métal lesquelles sont plus sonores et produisent un son plus brillant. On les distingue également par leur tirant, ou coefficient de souplesse. En général, plus une corde a un tirant faible plus elle est souple mais plus le son produit est faible. Les guitares électriques, dont le son est amplifié artificiellement, ont des tirants très faibles par rapport aux guitares acoustiques.

 

Le corps

 
C'est une partie fondamentale en ce qui concerne l'émission des sons et celle qui, par conséquent, conditionne la qualité de l'instrument. Cela est vrai aussi bien pour la guitare acoustique avec caisse de résonance que pour la guitare électrique au corps le plus souvent plein, même si les micros et l'amplification jouent un rôle tout aussi important dans le second cas.

 

Le corps d'une guitare acoustique
il se compose de trois parties principales : la table ou table d'harmonie, le fond, les éclisses.
 
  1. La table, fine pièce de bois (épicéa, red cedar...) en deux parties renforcée par un barrage interne, est mise en vibration par les cordes par l'intermédiaire du chevalet, petite pièce de bois à laquelle sont fixées les cordes. Les cordes y passent sur un sillet lisse, contrairement au sillet de tête rainuré. La vibration produite par la table est amplifiée par la caisse de résonance dans son ensemble et sort de l'instrument par la rosace ou bouche. La rosace désigne aussi la partie décorée qui entoure l'orifice, travail de marqueterie très fine dans les guitares de luthiers, dans lequel ils peuvent exprimer leur virtuosité dans le travail du bois.

  2. Les éclisses sont deux fines pièces de bois formant la tranche de la caisse. Parmi les bois utilisés, on trouve le palissandre. La forme ondulée est obtenue à chaud en appliquant le bois sur un cylindre chauffé pour l'amener à la courbure souhaitée.

  3. Le fond, comme la table est obtenu au moyen de deux moitiés symétriques (palissandre...) souvent reliées au centre par un filet de marqueterie.

 

 

Guitare « flamenca »

Plus fine et légèrement plus petite que la guitare classique, elle est également constituée de bois différents. Généralement de l'épicéa ou du cèdre pour la table et du cyprès pour les éclisses et le fond. Cette différence explique un son plus nerveux et plus dynamique. Elle est utilisée par les musiciens de flamenco.

Guitare « manouche »

Plus massive qu'une guitare folk avec des cordes plus tendues et fixées à la caisse par un cordier métallique selon un mode plus proche du violon que des guitares folks ou classiques, la guitare manouche possède un pan coupé et un manche légèrement plus large. Réalisé à l'origine sous la marque Selmer par un luthier italien du nom de Maccaferri, elle sera utilisée par de nombreux musiciens de Jazz qui l'apprécient pour son son puissant et clair. Mais c'est Django Reinhardt qui la popularisera vraiment, et la rendra indissociable de son style particulier. Aujourd'hui encore, les jazzmen manouche héritiers de Django ( comme Biréli Lagrène, Fapy Lafertin ou Tchavolo Schmitt ) continuent d'utiliser ce style de guitare.

 

Éléments généraux

 

La guitare ne peut produire qu'une note par corde. Il suffit de pincer une corde de guitare pour la faire vibrer et donc produire un son. Le pincement se fait le plus souvent au niveau de la rosace sur une guitare acoustique, au-dessus des micros sur une guitare électrique. Pour produire une note plus aiguë, il suffit de diminuer la longueur de la corde vibrante en appuyant avec un doigt de l'autre main sur une case de la touche. Si la pression est assez forte, la corde est plaquée sur le bois, et si le manche est pourvu de frettes, elle est même bloquée sur la frette mitoyenne à la case. La vibration ne peut se produire que jusqu'au doigt ou jusqu'à cette frette, et la hauteur de la note augmente. On appelle « corde à vide » une corde pincée alors qu'aucun doigt n'appuie sur la corde. Elle donne la note la plus basse que l'on peut obtenir avec cette corde.

Le guitariste peut tenir sa guitare assis (position entre les genoux pour la guitare classique ou position « folk » sur les genoux) ou jouer debout (guitare calée par le coude pour les guitares légères ou suspendue à une sangle, tenue habituelle des guitares électriques). La position assise donne une meilleure stabilité à l'instrument, la position debout permet une plus grande liberté de mouvement.

La convention veut qu'on emploie les termes de « main droite » et « main gauche » pour désigner respectivement la main qui pince ou gratte les cordes, et la main qui parcourt les cordes sur le manche. Cette distinction droite/gauche n'est donc idoine que pour les musiciens droitiers ou ayant appris à jouer de leur instrument comme droitier. Les musiciens gauchers doivent penser à inverser les notions de gauche et de droite par rapport aux appellations standards.

 

Accessoires de jeu

 
  • Le médiator ou plectre est une petite pièce de plastique, de feutre, d'os, d'écaille ou de tout autre matériau plus ou moins rigide servant a faire vibrer les cordes, qu'on tient entre le pouce et l'index.

  • L'onglet est un morceau de plastique plat et rigide qui entoure le pouce ou les autres doigts et se termine en pointe pour accrocher la corde. C'est un moyen commode de pallier un manque d'ongles ou de produire un son plus fort avec des cordes plus dures. Il est utilisé en blues sur des guitares électro-acoustiques.

  • Le bottleneck est un accessoire cylindrique dur et lisse en verre tel que le goulot d'une bouteille — d'où son nom — ou en métal, que l'on fait glisser sur les cordes en guise de frette pour faire varier la hauteur de la note. C'est aussi le nom de la technique de jeu associée (on parle aussi de slide guitar), particulièrement utilisée en blues.

  • Le capodastre est un accessoire qui, en bloquant toutes les cordes simultanément sur une même case, permet de jouer un morceau ou des accords plusieurs tons au-dessus du réglage original. Il permet de modifier rapidement la tonalité de la guitare pour s'accorder avec d'autres instruments.

Utilisation de la main droite

 

Par convention, la main droite désigne celle qui fait vibrer les cordes. Elle a deux positions principales :

  • la main est en suspension, sans point d'appui, les doigts ne touchent les cordes que pour jouer (position de guitariste classique) ;

  • le poignet repose sur le chevalet (position de guitariste folk, country);

  • le poignet est en appui sur le départ des cordes graves (E et A le plus souvent) au niveau du chevalet de tel manière à étouffer le son des cordes (palm mutting). C'est une technique qui a été massivement perpétrée par des groupes de metal tels que Metallica ou Megadeth.

L'essentiel est d'obtenir une position confortable, l'instrument s'accommodant de techniques de jeu peu orthodoxes.

 

Techniques de la main droite

 

Il existe plusieurs techniques pour faire vibrer les cordes avec la main droite :

  • le pincement de corde ou pincé, réalisé avec le bout du doigt ou l'ongle. On utilise en général quatre doigts au maximum : le pouce, l'index, le majeur et l'annulaire (respectivement notés p, i, m, a dans les partitions francophones). Le pouce étant parallèle aux cordes, il peut être équipé d'un onglet pour faciliter le pincement, et on peut pincer plusieurs cordes simultanément. C'est la technique de base utilisée en guitare classique, en particulier dans les arpèges ;

  • l'arpège : c'est un pincement régulier des cordes les unes après les autres, qui donnerait un accord si les cordes étaient pincées simultanément. Un arpège peut être joué en staccato ou legato ;

  • le buté : technique proche du pincé, la différence étant qu'après avoir pincé la corde, le doigt va venir buter sur la corde suivante. Cela permet d'obtenir plus de volume et parfois un son plus franc. Cette technique est très utilisée pour la mélodie dans les partitions dites « classiques ».

  • le double buté : technique essentiellement dédiée au pouce, c'est une extension de la précédente, où le pouce vient jouer deux cordes (graves) dans le même mouvement et finit en butée sur la corde suivante (par exemple le pouce joue sur les cordes graves mi et la et vient buter sur la corde ). Cette technique est par exemple utilisée dans un choros de Heitor Villa-Lobos.

  • le picking (ou finger picking , littéralement « pincement par le doigt »), désigne une façon de pincer les cordes typique de la musique nord-américaine (blues, country et leurs variantes). Chaque doigt est indépendant des autres, ce qui autorise une grande combinaison de sons. Le picking a été popularisé en France par Marcel Dadi dans les années 1970 ;

  • le flatpicking ou hybrid-picking repose sur la même base technique que le picking, mais en utilisant un médiator tenu par le pouce et l'index. On utilise souvent l'aurriculaire comme troisième doigt indépendant pour jouer dans les aigus. L'usage du médiator permet d'introduire une accentuation rythmique si souhaité, et de trouver de nouvelle façon de jouer en aller-retour ;

  • le battement : toutes les cordes sont frottées rapidement, pour donner l'illusion d'un accord. Le battement peut être descendant (de la grosse corde vers la chanterelle), remontant, alternatif... C'est la technique la plus simple et la plus utilisée en guitare d'accompagnement acoustique, car il maximise le volume sonore et permet de donner un tempo. Il peut se faire avec le pouce seul, le pouce et les doigts (dans le battement alternatif), ou avec un médiator. Les riffs rapides sont bien souvent des rythmiques jouées par battements ;

  • le buté est une technique classique ou flamenca (picado) utilisée sur les guitares classiques ou flamencas aux cordes de nylon. En technique flamenca, le buté est utilisé pour obtenir un son fort et brillant en faisant rouler la corde sur la pulpe du doigt pour qu'elle claque sur l'ongle. Afin d'obtenir cet effet, on appuie fortement sur les cordes avec l'index et le majeur tendus. En technique classique, le buté désigne le fait de jouer en venant appuyer le doigt sur la corde voisine après l'attaque - par opposition au pincé ; cette technique est utilisée surtout dans les gammes ;

  • le razgado est une technique de flamenco où le guitariste gratte les cordes en étendant les doigts rapidement les uns après les autres dans un mouvement continu. On retrouve abondamment cette technique dans le mariachi ;

  • le golpe est une technique utilisée aussi sur les guitares classiques et flamencas ainsi que sur tous leurs avatars sud-américains tel lecuatro, qui consiste à donner des rythmes syncopés en étouffant alternativement l'ensemble des cordes avec la paume de la main puis en jouant les cordes en vibration normale. L'exemple le plus connu en est la rumba gitane (rumba gitana), popularisée par les Gypsy Kings ;

  • Le 'palm mute appelé également pizzicato dérive du golpe. La paume de la main droite est posée sur les cordes à côté du chevalet afin de les étouffer. Cet effet est fréquent dans la musique funk, reggae ou rock. On obtient ainsi sur les guitares folk, classiques ou électriques un son se rapprochant de la basse. Cette technique a été très utilisée dans la musique folk américaine par des virtuoses comme Chet Atkins qui fut l'un des maître de Marcel Dadi, spécialiste du genre ;

  • le slap, utilisé majoritairement par les bassistes, consiste à faire claquer une corde, soit par un effet de percussion avec le pouce, soit par avec un doigt en crochet soulevant la corde perpendiculairement à la table et la relâchant vivement. Le slap classique désigne l'alternance de ces deux mouvements et caractérise le son groove. Cette technique est également utilisée par les contrebassiste de jazz et a été popularisée entre autres par Marcus Miller ;

  • les harmoniques sont les sons les plus purs qui peuvent être obtenus sur la guitare et qui servent parfois souvent comme douces notes finales d'un morceau. On les obtient sur les six cordes au niveau des 5e, 7e et 12e frettes (aux autres si la guitare est de très bonne qualité et parfaitement accordée) et au niveau du milieu de la rosace sur une guitare classique. Pour « déclencher » les harmoniques, on pose le gras de la pulpe du doigt juste au dessus de la frette concernée puis on enlève ce doigt aussitôt après avoir mis la corde en vibration avec l'ongle ou un médiator. Certains virtuoses sont capables de jouer des airs entiers avec cette technique mais pour obtenir les autres notes que celles obtenues aux emplacements pré-cités, ils appuient sur les touches comme pour jouer normalement avec la main gauche et déclenchent alors l'harmonique avec le gras gauche du pouce ou l'annulaire et posent simultanément l'index de la main droite au milieu de la portion de corde comprise entre le doigt de la main gauche et le sillet de chevalet (ces harmoniques sont appelées harmoniques artificielles, par opposition aux harmoniques naturelles). Une variante en est l'harmonique tapée, qui fait intervenir le tapping.

  • Le tapping, technique des shredders, consiste à frapper les cordes sur le manche plutôt que de les attaquer avec les doigts ou un médiator. Pour un guitariste droitier, la main gauche conserve son rôle usuel. Puis à l'aide de son index droit (on peut tout aussi bien utiliser son majeur ou la tranche du médiator) vient frapper la corde désirée à la frette voulue. Cette technique autorise des vitesses de jeu très impressionnantes. Les shredders tels que Joe Satriani, Steve Vai ou Eddie Van Halen (considéré comme l'instigateur du tapping) en sont de fins adeptes. On retiendra aussi le tapping à 8 doigts, variante du tapping dans laquelle tous les doigts se trouvent sur les frettes et évoluent uniquement sur le manche.

  • Le sweeping, qui permet de jouer des arpèges note à note, ou des mélodies avec fluidité et rapidité : la technique se joue à l'aide d'un médiator et se base sur l'économie de mouvement de la main droite, qui ne joue pas l'arpège en aller-retour classique, mais qui profite du mouvement descendant (aller) ou ascendant (retour) du médiator tandis que la main gauche joue séparément (une après l'autre) chaque note sur une corde différente et contiguë. La difficulté réside en la parfaite synchronisation du mouvement des deux mains, afin que chaque note de l'arpège résonne séparément, comme une mélodie et non comme un accord. Cette technique caractérise plus spécialement le jeu de guitaristes rock « néo-classiques » tels qu'Yngwie Malmsteen.

Doigts ou médiator ?

 

Le jeu sur guitare classique est caractéristique : les cordes sont pincées avec quatre doigts et chaque doigt est indépendant (notons cependant que ce n'est pas une obligation : Narcisso Yepes par exemple joue les recuerdos de la Alhambra avec cinq doigts, le pouce faisant les basse et les quatre autres les trémolos). Il en résulte une grande diversité de combinaisons de cordes. On dit que la guitare classique est essentiellement contrapuntique, elle permet notamment de jouer des fugues. La possibilité du contrepoint est donc la caractéristique essentielle du jeu de type « guitare classique ». On a dit logiquement que cet instrument était à lui seul un petit orchestre. Le jeu avec doigts indépendants est aussi utilisé sur les guitare acoustiques ou électriques, notamment dans la musique country d'Amérique du Nord qui a vu naître le style finger picking.

Inversement, le jeu avec médiator, essentiellement sur les guitares dites modernes, ne permet de jouer qu'une note à la fois, ou par frottement rapide de toutes les cordes, une suite d'accords. En contrepartie, le médiator autorise une plus grande amplification du son et permet un jeu rapide et brillant.

 

Utilisation de la main gauche

 

Les doigts de la main gauche servent à raccourcir la longueur vibrante des cordes pour donner les notes voulues. La main entoure le manche par le bas, avec le pouce appuyé sur l'arrière du manche, pendant que les autres doigts font face aux cordes. Les techniques de jeu sont :

  • le posé : un doigt appuie sur une case pour bloquer la corde et y reste jusqu'au prochain changement de position. En général, plusieurs doigts sont posés simultanément. C'est le mouvement de base ;

  • le barré : un doigt (en général l'index ou le majeur), perpendiculaire au manche, appuie simultanément sur toutes les cordes dans une même case, jouant le rôle d'un capodastre mobile. De nombreux accords sont construits sur des barrés, les doigts libres étant posés sur les cases adjacentes aiguës ;

  • le bend (tiré) : on tire la corde vers le haut ou vers le bas afin de monter d'un demi-ton ou d'un ton entier, par exemple. Noté b ;

  • le hammer (marteau) ou hammer-on consiste à raccourcir une corde déjà en vibration en posant rapidement un doigt sur une case plus haute. On obtient ainsi un effet de « montée » ;

  • le pull-off, ou pulling-off (relâchement, retrait), s'effectue alors que deux doigts sont posées sur une corde qui vibre. Le doigt sur la plus haute des deux cases libère la corde en la tirant légèrement, créant un deuxième son plus grave grâce à la vibration continue. On obtient un effet de « descente », c'est l'inverse du hammer-on. Noté p-o ;

  • Le trille consiste à combiner deux hammer-on (trille montant) ou deux pull-off (trille descendant) pour enchaîner deux notes en ne faisant intervenir qu'une seule fois la main droite. Les triolets sont souvent joué ainsi ;

  • le slide (glissé) consiste à faire glisser un doigt le long d'une corde sur le manche afin de produire un effet de glissando, montant ou descendant ;

  • le tapping est une technique plus spécifique à la guitare électrique. La vibration des cordes est produite uniquement par les doigts de la main qui bloquent et débloquent rapidement les cordes, sur le principe des cordes frappées au piano. Lorsque seule la main gauche est utilisée, on parle de legato. Le tapping « moderne » et classique fait usage des deux mains, les doigts de la main droite venant jouer des notes supplémentaires directement sur la touche du manche (avec un médiator ou un doigt). La vibration étant réduite, le son est plus faible ; c'est pourquoi elle est surtout pratiquée sur des guitares amplifiées.

Ces dernières techniques ont des noms anglais car elles ont été popularisées par des guitaristes de jazz, de blues, de HARD-ROCK et de country, essentiellement anglo-saxons.

Dans certains types de jeu, en particulier le jazz et quelquefois le classique, on peut être amené à se servir du pouce pour jouer les basses. Ainsi Django Reinhardt, invalide de deux doigts sur la fin de sa carrière, utilisait il cette technique.

 

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